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Guide pays · France

Le barème kilométrique est une formule sur l’année, pas un taux au kilomètre

La France ne publie pas de taux kilométrique. Elle publie une formule qui prend la distance de l’année et la puissance fiscale du véhicule — ce qui change ce que vous devez conserver, et ce dont vous pouvez vous passer.

Une formule, pas un taux

La plupart des pays répondent à « combien par kilomètre ? » par un chiffre. La France répond par un tableau. L’article 6 B de l’annexe IV au CGI fixe le barème kilométrique : pour chaque puissance fiscale, trois formules, et celle qui s’applique dépend de la distance professionnelle parcourue sur l’année, d :

  • Jusqu’à 5 000 km : d × a
  • De 5 001 à 20 000 km : (d × a) + b
  • Au-delà de 20 000 km : d × a

Pour une voiture essence de 5 CV, cela donne d × 0,636, puis (d × 0,357) + 1 395 €, puis d × 0,427. La partie fixe b de la tranche intermédiaire va de 1 065 € pour la plus petite puissance à 1 515 € pour la plus grande, et elle n’existe qu’à l’échelle de l’année. Chiffrez les trajets un par un à un taux unique, et elle n’apparaît jamais ; quant à la tranche, on ne la connaît qu’une fois la distance de l’année connue. Un trajet isolé ne porte donc aucun montant — c’est l’année qui en porte un.

Trois points décident de votre ligne du tableau :

  • La puissance est la puissance fiscale — les CV inscrits sur la carte grise.
  • Elle s’arrête à sept. La puissance est « retenue dans la limite maximale de sept chevaux » : 7 CV et au-delà partagent une seule ligne.
  • Une voiture 100 % électrique bénéficie de 20 % de plus sur chaque chiffre du tableau.

Le barème n’a pas bougé depuis l’arrêté du 27 mars 2023 : le même tableau vaut pour les revenus 2022 à 2025, et economie.gouv.fr l’a confirmé le 13 avril 2026 — « Le barème kilométrique pris en compte pour la déclaration des frais réels n’est pas revalorisé en 2026. » À ne pas confondre : le barème carburant (BOI-BAREME-000003), lui, a changé, avec une version du 18/02/2026 pour les revenus 2025. C’est un autre dispositif, et un chiffre tiré de l’un ne vaut pas pour l’autre.

Qui peut l’appliquer

  • Le salarié qui opte pour les frais réels (CGI art. 83, 3°).
  • Le titulaire de BNC qui opte pour le barème pour l’année — et dès lors pour tous ses véhicules, qu’ils soient inscrits au registre des immobilisations ou conservés dans le patrimoine privé (BOI-BNC-BASE-40-60-40-20 §§ 110, 410, 420).

La seule exclusion est étroite : le véhicule pris en location ou en crédit-bail dont les loyers sont déjà déduits (§ 420). L’entrepreneur individuel relevant des BIC est dans une tout autre situation : il n’a droit qu’au barème carburant, avec une annexe indiquant le véhicule, son immatriculation, ainsi que ses kilomètres totaux et professionnels (BOI-BIC-DECLA-30-20-20 § 360).

Un barème par véhicule, jamais de cumul

Deux voitures, deux calculs. La doctrine applicable aux salariés est explicite — « Il ne doit donc pas être fait masse des kilomètres parcourus par l’ensemble des véhicules » (BOI-RSA-BASE-30-50-30-20 § 440) — et celle des BNC précise que le barème s’applique « de façon séparée à chacun des véhicules, en fonction de chaque puissance fiscale » (BOI-BNC-BASE-40-60-40-20 § 140).

Ce n’est pas un détail, parce que les tranches ne sont pas linéaires. Additionner les kilomètres de deux voitures peut faire basculer le total dans une tranche où aucune des deux ne se trouve, et appliquer la puissance de l’une à la distance de l’autre.

Les justificatifs sont des totaux, pas un carnet de bord

Ce que le BOFiP vous demande de pouvoir établir est global : « la distance journalière parcourue, le nombre de jours ou de postes de travail où le déplacement a été nécessaire » (§ 230), ainsi que « la fréquence, l’importance et la durée » des déplacements (§ 440), et les documents propres au véhicule.

Aucun texte n’impose de relever le compteur à chaque trajet, d’en noter le motif, la personne rencontrée ou le nom des passagers.

Le motif mérite pourtant d’être gardé. C’est lui qui porte la « nature professionnelle des déplacements » (§ 540). Une distance sans raison répond à « combien », pas à « pourquoi ».

Le trajet domicile-travail compte

La plupart des pays de ce Journal traitent le trajet vers le travail comme privé. En France, il est « inhérent à la fonction » : un aller-retour par jour, et les 40 premiers kilomètres par trajet sont déductibles de plein droit. Au-delà, il faut des circonstances qui le justifient et une note explicative jointe à la déclaration — faute de quoi la déduction est ramenée à 80 km × le nombre de jours (CGI art. 83, 3° ; BOI-RSA-BASE-30-50-30-20 §§ 10, 155–160).

Ce que le barème couvre déjà

Le barème inclut déjà ce qui suit, qui ne se déduit donc pas une seconde fois : la dépréciation du véhicule, les réparations et l’entretien, les pneumatiques, le carburant ou l’électricité, la location de la batterie, l’assurance.

En plus, sur justificatifs : les péages, les frais de garage et de stationnement, et les intérêts de l’emprunt contracté pour le véhicule, au prorata de l’usage professionnel (§ 410).

Le véhicule de fonction, une autre question

Un véhicule de fonction ne relève pas du barème. C’est un avantage en nature, et c’est l’employeur qui choisit, pour l’année, comment l’évaluer :

  • Le forfait — 15 % du prix d’achat, ou 20 % lorsque l’employeur prend en charge le carburant, pour un véhicule mis à disposition à compter du 1er février 2025 (arrêté du 25 février 2025 ; 9 % et 12 % auparavant).
  • Le réel — « A × nombre de km parcourus à titre privé / total de km parcourus ».

Seul le réel suppose un relevé kilométrique, et le BOSS en nomme la preuve : « les carnets de bord, de visite ou de rendez-vous ». Dans un cas comme dans l’autre, le conducteur n’a aucun montant au kilomètre à déduire.

Lorsque l’employeur verse des indemnités kilométriques pour votre propre véhicule, le plafond est ce même barème fiscal (arrêté du 4 septembre 2025, qui a remplacé l’arrêté du 20 décembre 2002), et le BOSS demande à l’employeur de pouvoir justifier « l’existence de déplacements professionnels et du nombre exact de kilomètres parcourus ».

Six ans, et l’année civile

L’année d’imposition est l’année civile (CGI art. 12). Les revenus 2025 ont été déclarés en 2026 : en ligne entre le 21 mai et le 4 juin selon le département, sur papier jusqu’au 19 mai.

Conservez les pièces six ans — LPF art. L102 B, qui prévoit aussi qu’un document établi sous forme électronique se conserve sous cette forme. L’administration peut rectifier l’impôt sur le revenu jusqu’à la fin de l’année N+3 (LPF art. L169), et pendant dix ans en cas d’activité occulte.

Pourquoi une application plutôt qu’un carnet

Rien de tout cela n’exige un logiciel, et la France n’impose aucune mention trajet par trajet. Ce qui dérape ici, ce n’est pas une colonne manquante — c’est le calcul autour du relevé : les kilomètres de deux voitures additionnés, une distance annuelle qui tombe dans la mauvaise tranche, des trajets domicile-travail au-delà de la limite déduits comme s’ils n’y étaient pas.

DriveHub vous demande la puissance fiscale de chaque véhicule et calcule le barème véhicule par véhicule, sur l’année civile, puis additionne les montants — jamais les kilomètres. Un trajet personnel entre un lieu marqué Domicile et un lieu marqué Travail est compté comme trajet domicile-travail, dans la limite de 40 km par trajet, en retenant les deux plus longs trajets de chaque journée, et DriveHub indique ce que ces deux limites ont laissé de côté au lieu de l’écarter en silence. Le faire valoir relève de votre propre note explicative.

Les barèmes motos et cyclomoteurs et le barème carburant sont des dispositifs distincts, que DriveHub n’applique pas.

Cette page reprend ce que disent les textes eux-mêmes, en citant l’article pour que vous puissiez vérifier. Ce n’est pas un conseil fiscal, et elle ne connaît pas votre situation. Dès qu’il y a de l’argent en jeu, demandez à votre expert-comptable — et apportez vos relevés.

La règle complète, avec les textes dont elle découle : France : exigences du journal kilométrique.